Devin, développé par Cognition, s’adresse surtout aux équipes qui veulent déléguer des tickets entiers à un « ingénieur logiciel IA » : on lui confie une tâche depuis l’application web, Slack, Teams, Linear ou Jira, il travaille sur sa propre machine dans le cloud et revient avec une pull request. Depuis 2026, la marque Devin couvre aussi un CLI local, un outil de revue de code et l’ancien éditeur Windsurf, renommé Devin Desktop.
La vraie décision n’est donc pas « quel modèle écrit le meilleur code », mais où le travail des agents doit se dérouler et comment vous le pilotez : dans des sessions cloud gérées par un fournisseur, avec la PR comme point de rendez-vous, ou sur votre poste, dans des worktrees Git que vous voyez, relisez et intégrez vous-même depuis un board Kanban.
Comparatif vérifié le 10 octobre 2026 à partir de la documentation officielle de Devin et de celle de Singularity. Il compare des workflows, sans benchmark de vitesse ni de qualité du code généré. Tarifs publics en USD/EUR tels qu’affichés, hors taxes et consommation ; ils peuvent évoluer.
En bref
- Devin est d’abord un agent autonome qui s’exécute dans le cloud, chaque session sur sa propre VM, et livre des pull requests ; il est complété par Devin CLI, Devin Review, DeepWiki et Devin Desktop.
- Singularity est un environnement de développement agentique (ADE) de bureau : éditeur, terminal, client Git et board Kanban où chaque ticket lance un agent dans un worktree local isolé.
- Devin vend l’agent et l’usage des modèles (quotas, crédits) ; Singularity est gratuit et pilote les CLI des fournisseurs que vous utilisez déjà (Claude Code, Codex, Copilot, Cursor, Gemini, Mistral, Ollama).
- Devin brille pour la délégation asynchrone à l’échelle d’une organisation ; Singularity pour garder le code, l’exécution et la revue sur votre machine, avec un contrôle fin de l’intégration Git.
Présentation de Devin
Cognition présente Devin comme « un ingénieur logiciel IA autonome capable d’écrire, d’exécuter et de tester du code ». Le produit est disponible en accès général depuis décembre 2024 ; il était alors proposé à partir de 500 USD par mois pour les équipes, une grille qui a depuis été remplacée par des offres individuelles.
Une session Devin dans le cloud dispose, selon la documentation, d’un environnement de bureau complet avec shell, IDE et navigateur ; Devin y teste ses changements puis ouvre une PR, et Auto-Fix lui fait traiter commentaires de revue et échecs de CI. La même page recommande des tâches de trois heures ou moins avec des critères vérifiables, et encourage à lancer plusieurs Devin en parallèle sur des tâches indépendantes.
Les surfaces se sont multipliées :
- Application web et intégrations : sessions lancées depuis l’application web, Slack, Teams ou l’API.
- Devin CLI : un agent local dans le terminal (macOS, Linux, WSL et Windows), avec la commande
/handoffqui transfère la conversation, la branche et les changements non commités vers une session cloud. - Managed Devins : une session coordinatrice peut découper une grosse tâche et la déléguer à des sessions enfants, chacune dans sa propre VM isolée.
- Playbooks : des prompts réutilisables et partageables (procédure, spécifications, conseils, actions interdites) pour les tâches répétitives.
- Devin Review : une plateforme de revue de PR qui regroupe les changements logiquement, détecte bugs et failles et fonctionne avec GitHub, GitLab, Azure DevOps et Bitbucket Data Center.
- DeepWiki : des wikis générés automatiquement (diagrammes d’architecture, liens vers les sources), avec une version gratuite pour les dépôts GitHub publics.
- Devin Desktop : depuis le 2 juin 2026, Windsurf s’appelle Devin Desktop, un IDE avec un centre de commande d’agents locaux et cloud. Nous le comparons à part dans Singularity vs Windsurf.
Côté modèles, Devin CLI annonce les modèles d’Anthropic, OpenAI, Google et Cognition, ainsi que des modèles ouverts (DeepSeek, Kimi, GLM), plus des modes de routage maison (Adaptive, Fusion). Les données sont traitées sur l’infrastructure de Cognition ; sa page sécurité précise que, par défaut, les données peuvent servir à l’entraînement, avec un opt-out sur les offres payantes, et jamais sans accord écrit pour les clients Enterprise.
Singularity en quelques mots
Singularity, édité par Meteor Factory, est un ADE de bureau. Il réunit un éditeur (CodeMirror 6 avec serveurs de langage), des terminaux système, un client Git (graphe, diffs, stash, worktrees) et des espaces de travail multi-projets. Son centre est un board Kanban qui sert de surface d’exécution : un ticket porte la description, la priorité, les dépendances et la configuration de l’agent, puis conserve le compte rendu et la résolution.
En mode worktree, chaque exécution travaille dans un worktree Git isolé sur sa propre branche ; ses commits reviennent sur la branche de base par rebase, avec une file de commits qui sérialise les intégrations concurrentes. Selon vos réglages, le résultat est intégré automatiquement ou attend votre décision dans l’onglet Revue. Les agents sont ceux des fournisseurs dont vous installez le CLI : Claude Code, Codex, Copilot, Cursor, Gemini, Mistral et Ollama. L’application est gratuite ; la Singularity Licence (24 EUR par mois et par poste, 14 jours d’essai) ne débloque que les plugins payants du Marketplace, comme Pipelines. Elle est disponible pour macOS, Windows et Linux.
Tableau comparatif
| Critère | Singularity | Devin |
|---|---|---|
| Nature du produit | ADE de bureau : éditeur, terminal, Git, Kanban d’exécution pour agents IA | Agent autonome en cloud, décliné en CLI, outil de revue, wiki de code et IDE (Devin Desktop) |
| Point d’entrée | Un ticket sur le board d’un espace de travail | Application web, Slack, Teams, Linear, Jira, API ou terminal (Devin CLI) |
| Exécution des agents | Sur votre poste, via le CLI du fournisseur choisi, avec bac à sable optionnel | Sessions cloud sur une VM dédiée (shell, IDE, navigateur) ; Devin CLI en local |
| Parallélisme et isolation | Un worktree Git et une branche par exécution ; limite d’agents simultanés réglable | Plusieurs sessions en parallèle, chacune sur sa VM ; sessions coordinatrices (managed Devins) |
| Suivi du travail | Board Kanban : statuts, activité en direct, questions bloquantes, tickets enfants et dépendances | Sessions dans l’application web, fils Slack/Teams, tickets Linear/Jira, Session Insights |
| Revue et intégration Git | Onglet Revue local : diff, annotations, fusion partielle ; intégration par rebase et file de commits | Pull requests sur la forge ; Devin Review, Auto-Fix sur commentaires et CI |
| Modèles et fournisseurs | Claude Code, Codex, Copilot, Cursor, Gemini, Mistral, Ollama, avec vos propres comptes | Modèles Cognition (SWE), Anthropic, OpenAI, Google et modèles ouverts, inclus dans le quota Devin |
| Extensions | Marketplace de plugins Singularity (non compatible avec les extensions VS Code) | Serveurs MCP et marketplace, playbooks, skills, knowledge, intégrations |
| Plateformes | macOS, Windows, Linux | Navigateur web ; CLI macOS, Linux, WSL, Windows ; Devin Desktop macOS, Windows, Linux |
| Tarifs | Gratuit ; Singularity Licence 24 EUR/mois par poste pour les plugins payants ; modèles facturés par vos fournisseurs | Free (quota léger), Pro 20 USD/mois, Max 200 USD/mois, Teams dès 80 USD/mois, Enterprise sur devis ; usage additionnel au prix API |
Une même fonctionnalité dans les deux outils
Prenons une demande typique : ajouter un export CSV des factures, avec une route d’API et un bouton dans l’interface.
Avec Devin
Vous rédigez la tâche dans l’application web, dans un fil Slack ou dans le ticket Linear. Devin démarre une session sur sa VM, implémente, lance les tests, peut vérifier l’interface dans son navigateur, puis ouvre une PR que vous relisez sur GitHub ou dans Devin Review. Pour paralléliser, vous découpez en sessions indépendantes ou laissez une session coordinatrice lancer des managed Devins. L’effort de préparation porte sur l’environnement : dépendances, secrets, accès réseau, pour que la VM puisse vraiment exécuter le projet.
Avec Singularity
Vous créez deux tickets, « API d’export » et « bouton d’export », le second bloqué par le premier, chacun avec son fournisseur et son modèle (Claude Code pour l’API, Codex pour l’interface, par exemple). Le planificateur lance le premier dans un worktree ; la carte affiche sa phase en direct, et une question de l’agent met le ticket en attente de votre réponse. Le diff arrive ensuite dans l’onglet Revue : vous annotez, relancez avec votre retour ou fusionnez, puis le second ticket démarre sur la base à jour. Tout s’exécute avec votre toolchain locale ; il n’y a pas d’environnement distant à préparer, mais c’est votre machine qui fournit la puissance.
Où s’exécutent le code et les données
C’est la différence structurante. Une session Devin cloud tourne sur l’infrastructure de Cognition, qui clone le dépôt et exécute les commandes, même quand votre ordinateur est fermé. Pour les entreprises, la page tarifs mentionne un déploiement dans votre VPC, et la documentation décrit des options d’exécution sur votre propre infrastructure. Lisez la politique de données propre à votre offre.
Singularity n’envoie pas vos fichiers à un service intermédiaire : ses données vivent dans une base SQLite locale. Ce qui sort du poste dépend du CLI du fournisseur choisi, selon ses propres conditions ; avec Ollama sur l’adresse locale, l’inférence reste sur la machine. En contrepartie, un agent Singularity ne travaille que lorsque votre poste est allumé.
Git, revue et intégration
Devin s’aligne sur la forge : la pull request est l’unité de livraison, et Devin Review ajoute une lecture organisée des gros diffs, la détection de copies et déplacements de code, un chat contextuel et des actions de merge depuis la page. Pour une équipe organisée autour des PR et de la CI, c’est naturel.
Singularity intervient avant la forge. Le worktree protège votre arbre de travail, la revue locale permet d’approuver fichier par fichier et de fusionner seulement une partie (« Fusionner x/y »), et l’intégration par rebase garde un historique linéaire. Des tickets parallèles peuvent cependant entrer en conflit, y compris sans conflit Git : les tests et une revue humaine restent nécessaires, et vous pouvez désactiver la fusion automatique pour les imposer. Vous poussez ensuite vers votre forge comme d’habitude.
Modèles et structure de coût
Chez Devin, l’agent et les modèles sont facturés ensemble. Les offres payantes incluent un quota quotidien et hebdomadaire partagé entre les sessions Devin, Devin CLI et Devin Desktop ; au-delà, des crédits à la demande sont consommés au prix API. L’usage dépend notamment du nombre et de la complexité des actions, et du temps de VM ; une session inactive s’endort après 30 minutes par défaut. Devin Review et les Automations puisent aussi dans ces crédits.
Singularity ne revend pas de modèles. Vous payez vos fournisseurs (abonnement Claude, ChatGPT, Copilot, Cursor, clés Mistral…) ou rien du tout avec un modèle local Ollama. Le modèle se choisit ticket par ticket, et les plus coûteux peuvent être exclus de la sélection automatique. Vous gardez ainsi les abonnements que vous avez déjà.
Où Devin est plus fort
- Autonomie asynchrone : une session cloud continue sans votre machine, dispose d’un navigateur et d’un bureau pour tester des interfaces, et peut traiter seule les retours de CI.
- Intégration à l’organisation : Slack, Teams, Linear, Jira, GitHub, GitLab, Bitbucket, API et Automations déclenchées par des événements.
- Parallélisme à grande échelle : des sessions coordinatrices qui lancent et surveillent des dizaines de sessions enfants, chacune isolée sur sa VM.
- Outils autour du code : Devin Review pour les grosses PR, DeepWiki pour comprendre un dépôt, playbooks pour capitaliser sur ce qui a marché.
- Offre entreprise : SSO, administration, déploiement dédié ou en VPC, SOC 2 Type II.
Où Singularity se distingue
- Exécution locale et lisible : chaque agent travaille dans un worktree visible sur votre disque, que vous pouvez ouvrir dans l’éditeur, le terminal ou un autre IDE.
- Un vrai environnement de travail : éditeur, LSP, terminaux, graphe Git et board réunis, pour reprendre la main sans changer d’outil.
- Choix des agents : sept fournisseurs pilotés via leurs CLI, mélangeables d’un ticket à l’autre, y compris des modèles locaux avec Ollama.
- Contrôle de l’intégration : revue fichier par fichier, fusion partielle, relance avec annotations, rebase et file de commits.
- Coût prévisible côté outil : l’application complète est gratuite, sans limite d’agents, de projets ni de worktrees.
Peut-on utiliser les deux ?
Oui, à condition de séparer les rôles. Les deux outils travaillent sur le même dépôt Git : Singularity pour les tâches que vous voulez exécuter et relire localement, Devin pour les tâches longues ou asynchrones qui finissent en PR. Une branche intégrée et poussée depuis Singularity peut passer par Devin Review comme n’importe quelle PR, et DeepWiki reste utile pour explorer un dépôt public. Devin CLI ne fait pas partie des fournisseurs pris en charge par Singularity. Voir aussi Singularity vs Claude Code.
Quel outil choisir ?
- Équipe qui pilote son backlog dans Slack, Linear ou Jira et veut recevoir des PR prêtes à relire : Devin.
- Développeur ou petite équipe qui veut garder le code et l’exécution sur ses machines et suivre chaque agent depuis un board : Singularity.
- Utilisateur qui paie déjà Claude, ChatGPT, Copilot ou Cursor et ne veut pas d’un second budget de modèles : Singularity.
- Organisation qui exige SSO, VPC et administration centralisée pour ses agents : Devin Enterprise, à évaluer avec Cognition.
- Projets difficiles à reproduire dans une VM (matériel, services locaux) : Singularity, qui utilise votre poste tel quel.
Protocole d’essai
- Choisissez une tâche réelle d’une à trois heures, vérifiable par des tests ou la CI.
- Dans Devin, configurez l’environnement du dépôt, lancez la tâche depuis l’application web et notez le temps de préparation et la consommation indiquée par Session Insights.
- Dans Singularity, ajoutez le projet, installez et authentifiez un CLI (Claude Code ou Codex par exemple), créez le ticket avec la même description et lancez-le en mode worktree, fusion automatique désactivée.
- Comparez les deux résultats sur les mêmes critères : tests verts, taille et lisibilité du diff, nombre d’allers-retours nécessaires.
- Répétez avec deux tâches parallèles qui touchent des fichiers voisins pour observer la gestion des conflits.
- Comparez le coût total : abonnement et crédits Devin, ou abonnements de vos fournisseurs.
Questions fréquentes
Singularity est-il une alternative à Devin ?
Pour orchestrer plusieurs agents sur des tickets avec isolation Git et revue, oui. Pour déléguer des sessions entièrement autonomes qui tournent dans le cloud pendant que votre machine est éteinte, non : Singularity exécute les agents localement.
Combien coûte Devin en octobre 2026 ?
D’après sa page tarifs : Free (quota léger), Pro à 20 USD par mois, Max à 200 USD par mois, Teams à 80 USD par mois minimum avec 40 USD par siège complet, Enterprise sur devis. L’usage au-delà du quota est facturé au prix API.
Puis-je piloter Devin depuis Singularity ?
Non. Singularity prend en charge Claude Code, Codex, Copilot, Cursor, Gemini, Mistral et Ollama. Vous pouvez en revanche utiliser Devin en parallèle sur le même dépôt.
Devin Desktop et Windsurf, c’est la même chose ?
Oui : Cognition a renommé Windsurf en Devin Desktop le 2 juin 2026. La comparaison détaillée se trouve dans Singularity vs Windsurf.
Pour aller plus loin, consultez tous les comparatifs Singularity, le guide de démarrage ou téléchargez Singularity.